L’Amour du Caramel « Vrai »

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« Venez tomber dans le piège !, venez goûter ma crème de caramel au beurre salé ! ».

Sur le marché de Lannion, niché entre un artisan salaun et un producteur de framboises, Jacques Chauleur tient son stand de crème de caramel. Des dizaines de pots sont alignées simplement. « Pour bien faire, je reste petit », raconte l’artisan.

Toute la semaine, il écume les marchés du Trégor : Trégastel, Lannion, Perros-Guirec, Plestin. « Je gagne très modestement ma vie. Le caramel me prend beaucoup de temps. Je ne suis pas dans une course effrénée à la vente. Je préfère faire goûter mon produit, les gens jugent ensuite ».

Du Fouquet’s sur les Champs – Elysées  à la crêpe au caramel sur les marchés du Trégor

Si Jacques Chauleur s’est tourné vers le caramel, c’est presque par hasard. Ancien Chef de Rang et Maître d’Hotel dans des brasseries parisiennes huppées (Fouquet’s, La Coupole), il avoue y avoir appris « l’amour du travail bien fait et le goût de la cuisine ».

L’artisan s’est installé à Trégastel il y a sept ans. Pour ne pas s’éloigner de la restauration, il poursuit une formation de crêpier. « J’avais un camion, je faisais mes crêpes et la garniture moi-même. Chocolat et caramel maison ! ».

Le début de l’aventure. « La clientèle revenait me voir pour le caramel, ils en redemandaient. J’ai logiquement laissé les crêpes pour me focaliser sur la Crème de Caramel ». Avec succès, puisqu’il possède une clientèle fidèle et dépose dans quelques  boutiques de produits locaux, ses pots de caramel dont  Les Galeries Ker-Iliz à Perros Guirec, Moka et Darjeeling à Trégastel.

« Rien d’industriel mais des vrais produits »

Sur le marché, une cliente l’interpelle : « C’est fait industriellement ? » La réponse du Caramelier fuse : « Ah non Madame, certainement pas ! ». Depuis toujours, l’artisan Caramelier lutte contre« les faux produits. Le glucose, la poudre, les colorants ».

Une philosophie qui lui permet de mener sa barque sans céder aux sirènes de la production à grande échelle, plus rentable. « Ça serait facile de mettre des substituts dans mon caramel. Quand un industriel fait 500 kg, je n’en produis que 5 dans le même temps. C’est un choix. Soit on fait du bon et du vrai, soit on fait du basique ».

Si Jacques Chauleur arrive encore à se démarquer, c’est parce qu’il entretient le secret. « Personne ne rentre dans mon labo. » Pourtant, il a du mal à expliquer son savoir-faire. « C’est du sucre, du beurre, de la crème et du sel, rien de plus ». Il admet le faire « à l’instinct. Si dix personnes font une mayonnaise, aucune ne se ressemblera. Comme pour le caramel ».

Surprenant, l’artisan n’aime pas le caramel. « Je n’en mange pas chez moi. Mon fils est le goûteur du produit et de mes expériences », sourit-il. « Si un jour ça doit s’arrêter ou que je m’en lasse, je ferais autre chose. Ça ne sert à rien de se mentir ». L’artisan veut rester vrai. Comme son caramel.

Sources : http://www.ouest-france.fr/

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